L’Etat condamné dans l’affaire Zaouiya(juin 2004) 3/3

L’Etat condamné dans l’affaire Zaouiya
Un jeune détenu était mort à Bois-d’Arcy

Le Courrier de Mantes
Publié le:  23 juin 2004

« Pour nous, c’est très important. C’est la reconnaissance par la justice qu’il y a eu faute », explique Salah Zaouiya. Cela fait maintenant huit ans que ce père de famille de Mantes-la-Jolie se bat devant les tribunaux. Son fils Jawad avait trouvé la mort dans l’incendie de sa cellule à Bois d’Arcy.

C’était le 23 juillet 1996, onze jours après le début de sa détention. Un des co-détenus avait empilé matelas, couvertures et rideau de douche avant de mettre le feu avec de l’huile inflammable.

Le tribunal administratif de Versailles vient de condamner l’Etat à verser aux parents la somme de 15 000 euros : « Ce jugement ne nous rendra jamais notre fils. Mais, c’est un soulagement. C’est une victoire que nous avons obtenue avec l’aide d’Hugues de Surmain, de l’observatoire international des prisons qui nous a permis de constituer un mémoire solide », souligne Salah Zaouiya.

« En incarcérant trois jeunes gens dans une cellule de neuf mètres carrés en méconnaissance de la réglementation concernant l’emprisonnement individuel des détenus de moins de 21 ans, l’administration a fait courir à M. Jawad Zaouiya un risque spécial qui l’a privé d’une chance de survie », note le tribunal.

En revanche, les attendus du jugement rejettent les autres accusations portées par la famille sur le dysfonctionnement du service, notamment sur le fait que « le surveillant affecté à la ronde de nuit ne disposait pas des clefs des cellules » et que l’organisation des secours n’aurait pas été suffisamment rapide.

Salah Zaouiya est décidé à poursuivre son combat. Il a rejoint l’association des familles en lutte contre l’insécurité et le décès en détention, une association qui œuvre au niveau national.








La fresque du souvenir inaugurée
En hommage à Jawad Zaouiya

Le Courrier de Mantes
Publié le:  28 septembre 2005

— Salah Zouaouiya, le père, et sa fille ont déposé des fleurs blanches au pied de la fresque au 5 rue Marie-Laurencin.

Après la démolition des bâtiments 7 et 9 de la rue Marie-Laurencin, au Val-Fourré, la fresque en hommage à Jawad Zaouiya a déménagé au numéro 5. La mosaïque réalisée par l’ACJAM a été inaugurée, mercredi soir, en présence de la famille du jeune Mantais, décédé dans l’incendie de sa cellule à Bois-d’Arcy le 23 juillet 1996.

Neuf ans après le décès de Jawad Zaouiya, l’émotion est encore grande chez les habitants de la rue Marie-Laurencin. Ils se sont associés à la famille et à la municipalité pour rendre hommage au jeune Mantais. Tous étaient présents, mercredi soir, pour assister à l’inauguration de la nouvelle fresque en mosaïque.

Un message aux jeunes

Salah Zaouiya, le père de Jawad, s’est réjoui de voir que son fils était encore dans toutes les mémoires. Puis c’était au tour de Pierre Bédier, député, de prendre la parole. « Il ne faut plus que ces drames se répètent, peu importe qui est coupable ou pas. La fresque exprime la volonté de bien vivre ensemble mais ce doit être l’affaire de tous ». La nièce de Jawad a coupé le ruban tricolore avant que Salah et sa fille ne déposent des fleurs blanches au pied du bâtiment.

Cette nouvelle fresque succède à celle que les copains de Jawad avaient peinte sur le mur du bâtiment 9 avant qu’il ne soit démoli. L’ACJAM s’est servie de ce modèle pour la réalisation de la mosaïque qui s’expose au regard de tous au 5, rue Marie-Laurencin. L’œuvre sur laquelle est inscrit «Profite de chaque instant car il pourrait être le dernier» rappelle inlassablement combien la vie peut être courte.

Cour européenne des Droits de l’Homme

Jawad Zaouiya n’avait que 20 ans quand il a trouvé la mort dans une cellule de la prison de Bois-d’Arcy. Un de ses deux codétenus a mis le feu aux matelas. Jawad et un compagnon de cellule ont été intoxiqués par la fumée alors que le troisième détenu en est sorti indemne. Il y a un an, le tribunal administratif de Versailles condamnait l’Etat à verser 15 000 € aux parents de la victime. Mais pour Salah Zaouiya, le père de Jawad, cela n’est pas suffisant. Il a déposé un recours devant la Cour européenne des Droits de l’Homme avec l’aide de l’Observatoire international des prisons. Ce père ira jusqu’au bout de son combat pour que la lumière soit faite sur les conditions du décès de son fils. Il œuvre pour l’association des familles en lutte contre l’insécurité et le décès en détention.





vous trouverez  dans le film "UN MUMIA DES MUMIA" un des  témoignages de Salah ZAOUIYA sur son combat


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Un Mumia des Mumias
Jérôme Champion


Mumia Abu Jamal, ancien militant des Black Panthers, croupit depuis 18 ans dans les couloirs de la mort d’une prison de Philadelphie aux USA pour le meurtre présumé d’un policier blanc. En France, bien que la peine de mort soit officiellement abolie, elle continue de sévir pour de nombreuses personnes victimes des pistolets de la police ou des violences pénitentiaires.


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